SKADS: Les astronomes conçoivent le plus grand radiotélescope du monde
le 6 décembre, 2006

Récemment dotés de 40 millions Euros par la Commission Européenne, les radioastronomes sont en train de concevoir le plus grand radiotélescope du monde. Appelé le “Square Kilometre Array” (SKA), ce radiotélescope aura une surface collectrice totale d’un million de mètres carrés, soit l’équivalent de 200 terrains de football.

Ce nouveau radiotélescope va s’intéresser à la mystérieuse “Energie Sombre” qui, selon les astronomes, compose plus des trois quarts de l’énergie dans l’Univers. Il testera aussi la théorie de la Relativité Générale d’Einstein jusqu’aux plus extrêmes limites, et peut-être la prendra-t-il en défaut ! Il est certain qu’il contribuera à allonger la longue liste des découvertes fondamentales déjà réalisées par les radio-astronomes, liste qui inclut les quasars, les pulsars et le rayonnement fossile généré par le Big Bang.

Daniel Egret, président de l’Observatoire de Paris précise que “l’hydrogène est l’élément fondamental de l’univers. C’est le plus répandu mais son signal est faible. Il est nécessaire d’avoir une grande surface collectrice pour être capable de l’étudier aux grandes distances qui nous ramènent vers l’époque du Big Bang.” Les mesures de la signature d’hydrogène permettront aux astronomes de localiser et de peser un milliard de galaxies !

Françoise Combes, astronome à l’Observatoire de Paris et membre de l’Académie des Sciences ajoute : “La distribution de ces galaxies dans l’espace nous informe sur la manière avec laquelle l’univers a évolué depuis le Big Bang et donc aussi sur la nature de l’Energie Sombre qui actuellement fait que l’univers s’étend plus rapidement avec le temps.”

Les pulsars sont un autre objectif pour SKA. Résidus tournant d’explosions stellaires, ils sont les horloges les plus précises de l’univers. Un million de fois la masse de la Terre mais seulement de la taille d’une grande ville, les pulsars peuvent tourner sur eux-mêmes des centaines de fois par seconde. Ces objets étonnants ont déjà permis aux astronomes de confirmer la prédiction d’ Einstein sur les ondes gravitationnelles.

Mais Ismaël Cognard, astronome de CNRS au Laboratoire de Physique et Chimique à Orléans voit encore plus loin : “Avec SKA, nous trouverons un pulsar orbitant autour d’un trou noir et en examinant la variation de la vitesse de l’horloge, nous pourrons dire si Einstein a eu le dernier mot sur la gravité ou non.”

Wim van Driel, astronome à l’Observatoire de Paris-Meudon et coordinateur du projet SKA en France insiste sur l’échelle de l’instrument nécessaire pour remplir ces objectifs scientifiques. “Concevoir et puis construire un instrument d’une telle avance technologique n’est possible qu’en regroupant les idées et les ressources des pays du monde”. Des astronomes d’Europe, d’Australie, d’Afrique du Sud, du Canada, de l’Inde, de la Chine, et des Etats Unis d’Amérique travaillent ensemble, et l’Europe est actuellement à la pointe du développement technologique.

Le développement technologique européen de 40 millions d’euros est financé par la Commission Européenne et les gouvernements de huit pays menés par les Pays Bas, le Royaume Uni, la France et l’Italie.

Contact:
Wim van Driel
coordinateur de SKA en France
Observatoire de Paris-Meudon
tel: 01 45 07 77 31

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